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Pas-de-Calais: au procès de Jérôme P., une famille polygame et violente par "coutume"
information fournie par AFP 08/06/2026 à 17:01

Le box des accusés dans la salle d'audience avant le procès de Jérôme P. à Saint-Omer, le 8 juin 2026 ( AFP / Sameer Al-DOUMY )

Le box des accusés dans la salle d'audience avant le procès de Jérôme P. à Saint-Omer, le 8 juin 2026 ( AFP / Sameer Al-DOUMY )

"Une secte": au procès de Jérôme P., jugé devant la cour criminelle du Pas-de-Calais pour viols et violences sur fond d'emprise, des témoins ont dressé lundi le portrait d'une famille coutumière de la polygamie, d'autres rejetant les accusations de violences.

Cette famille, "ce sont des personnes qui sont violentes, très impressionnantes, qui manipulent. C'est pour moi une secte", commence à la barre Christelle, ex-compagne de Joël, frère aîné de l'accusé.

Cheveux grisonnants et lunettes de vue sur le nez, Jérôme P., 45 ans, est jugé jusqu'à jeudi à Saint-Omer pour viols sur l'une de ses compagnes et pour violences intrafamiliales. Il encourt vingt ans de réclusion criminelle.

Entendue comme témoin, Christelle s'est séparée en 2018 de Joël, aujourd'hui en détention provisoire pour viols, prostitution et violences.

Avec une autre femme, ils ont formé un ménage à trois pendant 18 ans, affirme-t-elle. "C'est la coutume d'avoir plusieurs femmes" chez les hommes de cette famille, marquée par "beaucoup de violences", explique-t-elle.

Christelle assure aussi avoir vu l'accusé frapper, à coups de poing et de pied, Jennifer C., son ex-compagne qui a déposé plainte contre lui en 2022.

"C'était au cours d'un anniversaire à mes dix ans que j'ai compris qu'un couple normal, c'était un homme et une seule femme", a expliqué la fille aînée de l'accusé lors d'une audition en 2022 citée par la présidente de la cour.

"Un peu bizarre"

A l'inverse, le fils de Jérôme P., aujourd'hui âgé de 16 ans, défend son père: voir ce dernier dans son box lui donne envie de "le serrer dans (ses) bras". Lui accuse au contraire sa mère de l'avoir frappé dès sa "plus tendre enfance".

"Vu de l'extérieur, le fonctionnement de mon domicile pouvait paraître un peu bizarre", a concédé lundi l'accusé, chauffeur routier de profession, qui vivait du RSA au moment de sa mise en examen. Il a en revanche refusé de reconnaître quelque violence que ce soit de sa part.

Fabienne Roy-Nansion, avocate de parties civiles, avec des témoins avant le procès de Jérôme P. à Saint-Omer, le 8 juin 2026 ( AFP / Sameer Al-DOUMY )

Fabienne Roy-Nansion, avocate de parties civiles, avec des témoins avant le procès de Jérôme P. à Saint-Omer, le 8 juin 2026 ( AFP / Sameer Al-DOUMY )

Lors de son dépôt de plainte, Jennifer C. avait décrit aux gendarmes l'emprise, la surveillance constante, les viols et les coups portés par son conjoint, avec qui elle a eu trois enfants.

Depuis le début des années 2000, le couple partageait son foyer avec deux autres femmes, également compagnes de l'accusé d'après plusieurs proches.

Entendue lundi comme témoin, la mère de Jérôme P. a nié la polygamie de son fils. Selon elle, il est venu en aide à "des femmes en détresse".

Ses deux autres compagnes ont continué à le soutenir durant l'instruction. Des expertises psychologiques citées lundi par la présidente de la cour ont souligné leur "situation d'emprise relationnelle" et leur "dépendance".

L'enquêtrice de personnalité, qui n'a rencontré, à l'exception d'un ancien employeur, que des membres de la famille de Jérôme P., dit n'avoir "jamais" entendu quelqu'un dire du mal de l'accusé. Son foyer lui a été présenté comme une large "colocation", ajoute-t-elle.

Caméras et géolocalisation

Selon des membres du foyer et de l'entourage, les trois compagnes de Jérôme P. étaient privées de vie sociale, n'avaient que rarement le droit de travailler et n'avaient pas accès librement à leurs cartes bancaires.

Dans la maison, des caméras de surveillance étaient placées dans plusieurs pièces.

"Ces caméras avaient un but précis, c'est de vérifier ce que les femmes de la maison faisaient", a assuré à la barre l'adjudant de gendarmerie qui était en charge de l'enquête préliminaire.

Sullyman Bouderba, l'avocat de Jérôme P., avant le procès de son client à Saint-Omer, le 8 juin 2026 ( AFP / Sameer Al-DOUMY )

Sullyman Bouderba, l'avocat de Jérôme P., avant le procès de son client à Saint-Omer, le 8 juin 2026 ( AFP / Sameer Al-DOUMY )

A l'extérieur, un logiciel de géolocalisation permettait de tracer les téléphones.

Selon les enquêteurs, cela aurait permis au frère de l'accusé de se rendre, le jour du dépôt de plainte de Jennifer C., au pied de l'hôtel où elle était logée, ce qui avait nécessité sa mise à l'abri.

Un autre frère de Jérôme P. s'est suicidé en 2024 alors qu'il était placé en détention provisoire, mis en examen pour viols incestueux et viols sur conjoint.

2 commentaires

  • 17:57

    "Qui vivait du RSA". 45 ans, pas de problème de santé, directeur de harem. Un pur produit du modèle social français.


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